dimanche 14 décembre 2008

Voie du milieu
















Nous voici a Bodhgaya. Deja, il y a trois ans, lors de mon premier periple indien, j'avais projete l'idee de venir ici, mais, finalement, nous restames, avec mon ami Ludo, scotche a Varanasi. Bodhgaya est la ville ou Siddartha decouvrit la voie du milieu et devint Boudha. Pour les boudhistes, venir ici, c'est un peu comme aller a la Mecque pour un musulman. Du coup, apres Sarnath et Rumtek, j'ai, a peu pres, visite les sites les plus sacres du boudhisme... Il ne me reste plus qu'a me convertir... Qui sait? Ce serait un peu le cheminement a l'envers!Bodhgaya est une ville tout a fait particuliere. Pas vraiment indienne (bodhgaya accueille beaucoup de refugies tibetains) mais indienne tout de meme (les bus sont toujours aussi surpeuples). Peut etre une concretisation de la voie du milieu. Des milliers de pelerins se pressent, chaque jour, autour du Maha Bhodi, le temple le plus sacre du boudhisme construit au pied du banian sous lequel Siddartha aurait vecu l'illumination. Toutes les nations boudhistes ont erige des temples a Bodhgaya, les drapeaux de prieres ornent les batiments et les couleurs qui predominent ici sont le rouge et l'orange, couleurs traditionnelles des moines. Hormis la foule de mendiants venus chasser le pelerin, tout respire la serenite. Meme les conducteurs de rickshaws semblent avoir mis leur harcelement habituel en bemol.Retour sur notre arrivee ici. Apres une nuit ferroviaire a multiples couchettes (cf post precedent) nous sommes montes dans un rickshaw pour nous rendre a Bodhgaya (13km). On a meme pas eu a se battre pour le prix. Les chauffeurs se sont livres eux-meme a une rude bataille faisant doucement descendre le tarif de notre course a 50roupies. Forts aises, nous demarrons. Mais, quelle ne fut pas notre surprise de voir notre moyen de locomotion se transformer en transport public. Notre chauffeur se mit a heler les passants. Nous nous retrouvames vite à 4 puis 7 puis 9 (sans compter les marchandises) dans ce tout petit habitacle (prevu pour 4 chauffeur inclus). 2 hypotheses pour cette transformation: soit le prix paye etait trop bas et le conducteur a voulu se refaire ( il faisait paye le prix du trajet en bus aux indiens) soit tous les rickshaws font office de transport en commun entre Gaya et Bodhgaya (le lonely en parle) et, comme d'habitude, en bon westerns, nous avons paye le prix fort!L'heureuse surprise est que nous nous retrouvons a cote d'un jeune indien. J'entame la discussion et il s'avere que le jeune homme vient pour filmer des celebrations boudhistes. Il dirige une petite boite de production dans la region. On sympathise. Il se propose de nous faire visiter la ville, de nous aider a trouver un hotel... Bon finalement on a pris le premier hotel qu'on a trouve. On etait creve de notre voyage et ne desirions qu'une chose: une bonne douche. Mais rendez-vous est pris pour la fin d'apres-midi. Le moment venu, nous nous retrouvons et commencons notre visite par le parc. Et là, les evenements tournent bizarrement. D'abord la discussion est etrange. Trop de « mon ami », peremptoire, d'affirmation que son seul desir et qu'on soit « happy » puis l' «ami» se propose de nous faire un massage acupression, plus tard, demonstration a l'appui (en plein parc!!) et fini par nous lancer que, si et seulement si on veut, nous pouvons lui faire une « donation » pour ses services! Bluffes, nous preferons abreger notre visite guidee! Notre premiere nuit n'a pas ete de tout repos. Deja l'hotel n'est pas d'une proprete irreprochable. Mais surtout, il est infeste de moustiques (une hantise pour Marie!) et donne sur la rue principale (le bruit est un drame pour moi!). Du coup, des le lendemain (j'etais reveille tot cela va s'en dire) je suis parti a la recherche d'une maison plus adequate a nos desideratas. Chose faite. Nous nous sommes installes dans une guesthouse d'une proprete immaculee, sans moustiques et un peu a l'ecart de la ville! Un doux silence campagnard y regne. De là, nous sommes passes a l'execution de notre objectif numero1: trouver du boulot en tant que benevoles. Et là, le hasard a tres bien fait les choses. Avant de sillonner la ville, nous nous etions arreter dans un restaurant pour petit dejeuner et la premiere personne a qui nous evoquons notre envie de travailler nous annonce qu'il est travailleur social (mais ca on en doute) et nous propose de nous emmener dans une ecole un peu en dehors de la ville. Nous acceptons! Bien nous a pris (jusqu'ici!)! Meme si le « travailleur » s'avere (par la suite) plus un guide pour touriste que ce qu'il pretendait etre, l'ecole ou il nous a amene et bien reelle et semble tres serieuse (on a beaucoup entendu parler d'orphelinat ouvert uniquement en saison touristique pour capter les donations et qui fermaient des les touristes partis laissant les enfants a leur triste sort). On a ete tres bien accueilli. C'est une ecole pour enfants pauvres et orphelins. Apparemment, elle est financee, principalement, par un groupe d'australiens. Une centaine d'enfants, de 3 à 11ans, y recoivent des cours (d'Hindi, d'anglais, de maths, de science) et 11 orphelins y vivent! On a propose nos services qui ont chaleureusement ete acceptes. On s'est donne un periode d'essai de 2/3 jours pour voir si tout fonctionnait bien (entre les enfants et nous, entre la structure et nous, entre la structure et les enfants). Periode maintenant terminee. Vraiment l'equipe enseignante est formidable et les enfants adorables. Les conditions de vie ne sont pas faciles. Les conditions d'apprentissage non plus. Mais les profs se demenent (meme si la methodologie laisse des fois a desirer: addition 22 + 14 a un enfant de 5ans??? beaucoup de par coeur sans vraiment se soucier de la comprehension) et les enfants ont une soif d'apprendre et une curiosite incroyable. Et nous au milieu de tout ca? On passe du temps avec les momes, on joue, on discute (ceux de 10/11 ans parlent tres bien anglais), on essaye de les faire rire et de leur donner un peu de bonheur. On donne quelques cours aussi. Notion de francais pour commencer. On pense leur faire faire un peu de geo (pas a leur programme). On pense rester ici jusqu'à Noël au moins. Peut etre jusqu'apres nouvel an! Ca dependra de la realisation ou non de notre envie de faire une semaine d'initiation yoga ou meditation avant de partir). En tout cas, une chose est sure, on restera a Bodhgaya jusqu'en 2009! On s'y sent bien. On a commence a prendre nos petites habitudes (notre resto petit dej, journee avec les gamins, notre resto du soir) et du coup on tisse des liens avec un certains nombre de locaux et pas que des liens commerciaux! Finalement ca nous etait pas trop arrivee jusqu'ici. On s'insere tout doucement dans la vie locale et ca, c'est vraiment enrichissant!On vous embrasse





A+

mercredi 10 décembre 2008

Marie's speaking!




C'est avec de nombreuses images de campagne en tete que je repense a nos recents trajets en bus. Nous avons eu la tete tournee vers l'exterieur de longues heures.C'est la recolte du ble dans l'etat de l'Orissa actuellement. Nous etions entoure de champs a perte de vue. Les plantations sont decoupees en parcelles, delimitees par d'etroits chemins d'herbe sureleves, comme du patchwork. Les femmes coupent a la faucille des fagots, qu'elles laissent secher un temps puis qu'elles regroupent en gros ballot que les hommes portent aux deux extremites d'un baton. De loin, ces hommes etaient presque invisibles, caches par ces lourdes charges. On avait l'impression d'epouvantails ambulants. Les enfants, pendant ce temps, surveillent le betail: chevres, biquettes, vaches, buffles.Les maisons sont faites de terre, particulierement basses et les murs exterieurs sont decores de motifs geometriques blancs, plutot jolis. Des feuilles de palmiers recouvrent les habitations, quelques fois ce sont des tuiles. Des vetements sechent dehors ou etendus a meme le sol. Sur la route seche le ble et les galettes faites de bouse de vache, utilisees dans la construction des maisons.On a croise des travaux de maintien des routes, il n'y avait aucun engin de chantier, a part un rouleau compresseur et une machine a goudron. Les travailleurs manipulent le goudron a main nue et chaussees de sandales dont les semelles font 10 centimetres d'epaisseur, a force de marcher dedans. Leurs jambes sont eclaboussees de taches noires et leurs outils de travail sont faits de bric et de broc. Ils saupoudraient la route de goudron a l'aide d'un recipient perce de petits trous (comme un tamis) puis la recouvraient de caillasses, surement cassees a la main... Pas etonnant que les routes soient mauvaises et que de nouvelles mettent des mois, voire des annees a apparaître. Puis des briquetteries sont apparues, de longues cheminees blanches et des montagnes de petites briques rouges.Voici donc un bref aperçu de l'Inde rural que nous avons traverse et retraverse ces derniers jours.

mardi 9 décembre 2008

Eloge de la tortue




Quelques jours que nous n'avons pas écrit (vous aussi d'ailleurs). C'est pas qu'on vous oublie mais on est en train d'inventer un nouveau concept. Rouler, sans avancer, un peu la moonwalk de M.Jackson version indienne. Je m'exlique. Après une dernière journée à Konark où nous avons assisté à l'inauguration du festival de danse traditionnel (avis partagé, Marie a bien aimé, moi j'ai trouvé ca...soporifique!) on a mis les voiles sur Bubaneshwar (60km en 2h),une étape de transtion, qu'on a mise a profit pour visiter quelques temples (bien moins beaux que le Sun) et pour se prendre la tête avec un rickshaw. C'est terrible les rickshaws. Même quand on negocie sa course a l'avance, ils arrivent toujours a essayer de te gratter. La, le notre n'a pas evoque l'absence de monnaie, il a fait plus fort. Il nous a amener a un autre endroit que celui demander. Puis au bout de 5 minutes de palabre pour qu'il nous depose, finalement, ou on le voulait, il nous a demander un supplement pour le detour que ca lui a causer!!! Incroyable! Faut juste pas se demonter.
Bref, notre intention etait de rejoindre Rajnagar, porte d'entree d'une reserve naturelle ou des tortues nidifient chaque année en novembre, decembre. Super, se dit-on. Donc le lendemain, on prend un 1er bus, puis un 2eme, puis un 3eme... Plus on avance, plus on s'enfonce dans l'Inde rurale, plus les routes sont pourries, moins on avance vite. Départ de Bubaneshwar à 10h, arrivée à Rajnagar à 16h30. 120 km parcourus. Le comble? A 15minutes de l'arrivée, mon voisin m'annonce qu'il n'y a pas d'hotel à Rajnagar!!! Glups! Bon, ne pas sinquièter, on nous a souvent raconté des cracks. Wait and see... Mais bon, on est pas rassuré! A l'arrivée, finalement, il y a un, un unique, hotel . Enfin, il est en construction à coté du temple! :-/ Heureusement (parce que il n'y avait pas vraiment possibilite de faire demi tour vu l'heure) des chambres sont disponibles. Pas des suite Deluxe mais bon, 2 lits, une salle de bain (crade!!) avec de l'eau(propre) qui coule des tuyaus. Suffisant, on prend!
Le lendemain, reveil a 6h aux chants de « hare krishna ». A 10h, on était censé faire des permis pour entrer dans la réserve mais on nous annonce que pour nous deux, tout compris, ca nous coutera dans les 100 dollars la journée et qu'il n'y a pas de tortues en ce moment!!! Beaucoup moins interessant. Les boules! Tout ca pour rien! On décide donc de tracer la route mais ce n'est pas si evident. Deja, il n'y a pas beaucoup de bus qui passent. On est vraiment au fin-fond-du-trou-du-cul-du-monde! A 11h, on nous annonce que le prochain bus passerait (j'utilise le conditionnel) dans 3 heures. Et, deja, c'est l'attroupement autour de nous dans le village. Il ne doit pas y avoir souvent d'animation ici, et 2 blancs paumés s'en est une bonne! Opération commando! Faut qu'on bouge d'ici. On prend donc un rickshaw pour faire les 50km qui nous sépare de la 1ere « ville », d'ou on saute dans un bus puis un deuxieme pour finalement arriver à Balasore vers 18h. Alors juste pour résumer, Bubaneshwar/Balasore, il n'y a pas 200km. Rouler sans avancer...
Malheureusement, les faux-plans n'étaient pas finis. Hier, on regarde les possibilites qui s'ouvrent a nous a on decide de s'arreter a une autre reserve naturelle, pour voir des tigres cette fois. De toute facon c'est sur la route de notre destination finale, Bodhgaya (la ville de l'illumination de Boudha), se dit-on. Alors au matin on prend un bus pour Baripada. 70km. 2h. On va a l'office du tourisme. Les conditions ressemblent mimetiquement à celle de Rajnagar. 100 dollars. Pas d'animaux mais on nous promet de magnifiques paysages avec 2 chutes d'eau. 50Dollars la chute d'eau, c'est pas donné quand même. No way! (bon on se dit quand meme qu'il faut qu'on s'organise un peu differemment les prochaines fois... Parce que faire des bornes pour s'entendre dire que les conditions ne sont plus les meme que celle qui sont annoncees dans notre guide, franchement périmé, il date de 2002, ca peut plus durer!!! ) Et les galeres continuent! A la gare routiere ou on attend notre correspondance, on nous annonce que le bus qu'on veut prendre vient d'avoir un accident et qu'il n'en passera plus aujourd'hui!!!! Argh! Seule solution retourner à Balasore et tenter de prendre un train de nuit... aussitôt dit, aussitôt fait (70km, 1h30) et nous voilà a Balasore. Donc en 3 jours, on a passe quasi l'integralite de nos journees dans des bus publics pour une avancer de 200km!! Rouler sans avancer, disais-je!
Toujours pas au bout de nos surprises, le train de nuit pour Bodhgaya etait plein. On esperait les quotas dd'urgences mais il n'ont marche qu'a moitie. On nous annonce qu'il ne reste une couchette qu'il va falloir qu'on se partage à 2. Quand on sait qu'une couchette doit faire dans les 70cm!!! Finalement, le train n'etait pas si plein ou du moins pas encore quand on est rentré dedans. Du coup, malgre 3 changement de lits dans la nuit, tout c'est bien passe! Nous voila arrive a Bodhgaya, a 600km de Balsasore. Un pas de geant pour nous! ;-)
On espere que notre sortie de l'Orissa correspondra avec la fin de ces « galeres ». Meme si, certainement, on s'en souviendra avec un grand sourire dans quelques temps, quand on est dedans c'est un peu rasant. ;-) Wait and See!
A+

PS: Aujourd'hui c'est l'anniversaire de ma filleule Maya! 1An! C'est grand! Je l'embrasse tres fort avant de pouvoir le faire plus concretement a Saigon dans quelques mois!:-)

vendredi 5 décembre 2008

1er mois, 1er bilan...











Un mois deja que nous sillonnons le sous-continent. Un mois a decouvrir et redecouvrir un pays, une culture. Un mois, c'est court. Un mois, c'est long. Tout est toujours une question de point de vue! Un mois, donc, et une tentative, relative et modeste, de premier bilan. L'inde a change. L'inde est inchangee. Je supute qu'il en est ainsi depuis la nuit des temps. Modernite et tradition. Richesse et pauvrete. Spiritualite et materialisme. Ici rien n'est fige et tout se melange. Difficile de resumer.Alors, plein d'impressions en vrac vous permettront peut-etre de vous faire une idee. On a retrouve avec bonheur le mouvement de tete caracteristique des indiens. Pas un oui. Pas un non. Juste un mouvement de gauche a droite, un "dodelinnement" de la tete! Reponse systematique a chaque question, nous laissant toujours dans l'incertitude de la reponse! Bonheur egalement d'une hospitalite jamais dementie, d'une disponibilite des indiens toujours prêt a vous aider et des sourires permanents incrustes sur les visages. Une embrouille de place dans un train? Un chauffeur de rickshaw vous assurant qu'il n'y a plus de bus pour votre destination devant le bus en question? Un enfant courant vers vous... pour vous demander dix roupies? Votre voisin de bus a qui vous pretez les ecouteurs de votre ipod? Une femme dans un village vous proposant la main de l'adolescente a cote de vous? Le quidam qui vous demande d'ou vous venez, si vous etes marie (notre reponse est toujours oui!!!), si vous avez de enfants, le tout dans un anglais approximatif? Tout, toujours, avec le sourire. C'est tellement mieux ainsi!On retrouve aussi avec moins de bonheur des regards inquisiteurs, la mendicite permanente (surtout chez les plus jeunes), les dechets laisses partout, laches negligemment a ses pieds, jetes par la fenetre des bus ou des trains, les gargarismes et raclements de gorge des indiens au reveil (un vrai poeme!), les marches arrieres musicales (tous les vehicules font de la musique quand ils reculent, style lambada ou britney spears remixe a l'indienne avec un son super aigu) et les chiens errants dont on ne sait jamais s'ils ne vont pas vous croquer un mollet...Il y a toujours autant de monde (plus?) en Inde. Les transports en commun sont toujours bonde. 70 dans un bus pour 40 sans compter les passagers sur le toit, rien n'a change. L'incredulite des indiens voyant un blanc a decrue. Plus d'attroupement de 50 personnes devant soi quand on arrive dans une gare, ca a change! La curiosite existe toujours mais elle n'est plus ebahie. Les routes paraissent plus sures. Elles sont en meilleur etat. Les motards portent des casques. Les chauffeurs de bus conduisent moins vite et klaxonnent moins. Les vaches sont toujours couchees au milieu des routes et les camions superbement colores. Le tchai (the au lait epice) coule toujours a flot. Les femmes sont, majoritairement, habillees en sari mais les jeans apparaissent. Certains couples se tiennent par la main mais moins que des hommes entre eux. Un debat fait rage dans la societe civile pour savoir si il faut depenaliser l'homosexualite (actuellement punie de plusieurs annees d'emprisonnement). Le salaire moyen mensuel est de 10000roupies (cf post « money » pour se faire une idee du niveau de vie) mais l'ecart entre plus pauvres et plus riches est abyssal. Les telephones portables pullulent. Les saddhus (ermite religieux) deambulent toujours dans les rues. Les blancs sont toujours pris pour des porte-monnaie ambulants et marchander est obligatoire. Les rasoirs manuels ont 3 lames maximum. Les tracteurs ont fait leur apparition dans les champs. Le cricket est toujours le sport numero un mais le football fait son apparition. La securite n'est pas au top! War on mumbay ne me dement pas. Dans toutes les gares, des militaires sont postes devant un portail detecteur de metaux qui sonnent pour tout le monde sans que personne ne soit arrete ni fouille... Et vous, nous direz-vous? Eh bien nous , le moral est au beau fixe. On apprend la patience... premiere etape sur la voie de la sagesse. Tous nos sens sont en eveil pour le meilleur et pour le pire... Nos meninges ne sont pas en reste. On essaye tout a la fois d'etre humble, ouvert, curieux, genereux sans etre naif. On est toujours sur le qui vive et je crois que c'est ce qui me plait le plus. On a toujours des choix a faire. Ou manger? Ou dormir? Partir ou rester? A droite ou a gauche? C'est con mais c'est ca qui fait se sentir pleinement vivant... ou libre peut-etre? Bizarrement, mais aussi logiquement, on se cree un « chez nous ». Cela tourne autour de nos 2 tentures qui reconstitue un espace symbolique correspondant a notre « maison ». 2m sur 2m qui n'appariennent qu'a nous. Constamment dans nos sacs, elles se deplient, au besoin, a la plage ou sur nos lits (on ne sait jamais l'etat de proprete des lits dans lesquels on dort! Mieux vaut prevenir que guerir). Mon ordi et mon ipod sont devenus notre chaine hi-fi. C'est peu et suffisant. Nous avons aussi institue quelques rituels: Le tchai le matin et en fin d'apres-midi, l'achat d'une bouteille d'eau chaque soir (pour pouvoir se laver les dents le lendemain... Eh oui, nous on se brosse les dents a l'eau minerale!), les pompes et les abdos en rentrant a l'hotel avant le repas! Et moi, mon temps « ecriture » le soir avant de me coucher. ;-) Notre vie est de plus en plus saine. On ne boit quasiment pas d'alcool et ne mangeons que peu de viande mais on a toujours pas arrete de cloper! On a le teint halle et le bronzage birkenstock (soit la marque des sandales sur les pieds).
On attend avec impatience nos prochaines rencontres, nos prochaines « galeres » et nos prochaines decouvertes. On a reserve aujourd'hui notre avion pour sortir du pays. Ce sera le 18 janvier. Direction Bangkok (on voulait aller a Jakarta mais c'est vraiment trop cher, on verra depuis Bangkok si on peut se le permettre) d'ou on pense, du coup, partir pour la Birmanie! Wait and see. On vous embrasse!

mardi 2 décembre 2008

Sun temple...2
















Pour info, le singe(post precedent) est sorti du temple et a pique les bananes du sac d'un couple de touristes inattentifs... Il faut avoir des yeux partout ici! Vous admirerez quand meme la finesse et la taille des sculptures du temple! Comme disait Marie, de la dentelle!
A+

Sun "erotic" temple
















Nos journee paisibles a Konark continuent. Quel plaisir de s'offrir sa petite baignade quotidienne, de parfaire son bronzage et d'approfondir nos connaissances gustatives de mets indiens. Comme on se mefie un peu des plats en sauce (on a craint une ou deux fois pour nos estomacs... sans consequence heureusement), on teste tout les "snacks" indiens. Pakoda, manchourian, tikka et 65! Autant de preparations delicieuses pour poulet, legumes ou paneer!On s'octroie egalement, en plus de toutes ces rejouissances, des sorties culturelles. Culturel incarne, ici, par le Sun Temple. L'attraction touristique numero un, la seule d'ailleurs, du village. Franchement on a pas ete decu. Je ne peux pas vous en dire grand chose. Construit au XIIeme et representant un chariot, il s'ornemente de milliers de statues, dont une bonne partie, erotiques. Apparemment, les contemporains du temple se consacraient trop a la vie monacale ce qui avait fait chute la natalite et menacait la civilisation. Les representations etaient censees redonner de l'ardeur aux fideles. C'est, a peu pres, tout ce que j'ai retenu du discours de notre guide, plus preoccupe par mes prises de vues. Marie pourrait certainement vous en dire plus (elle a suivie avec assiduite l'integralite de l'expose de notre guide) mais elle n'a pas l'air d'etre tres decidee a narrer notre visite... A moins que...
Le temple est dedie au roi Soleil, Surya, et est construit comme un chariot avec 24 gigantesques roues et tire par 7 chevaux. Les roues representent les signes du zodiaque et en fonction de la position du soleil, on peut y lire l'heure. Les sculptures des bas-reliefs sont generalement des animaux:elephants, anes, singes, chevaux, girafes...Le cobra est tres present puisqu'il est le signe de la fertilite. La partie superieure decrit des scenes du kamasutra, de polygamie, de polyhandrie, des traitements contre les maladies veneriennes... et la derniere partie represente plutot des scenes historiques ou mythologiques. Les sculptures sont de la vraie dentelle, les details sont remarquables et la plupart des visages des statues ont un sourire sans equivoque. J'avoue que certaines explications de notre guide m'ont echappees mais c'etait agreable d'avoir quelques reperes et infos sur l'histoire de ce temple.
Enfin, concernant le temple, je pense que plus que des discours, les images parlent d'elles-meme! Alors...

Apres la pluie...







01decembre 2008. 5 jours sans soleil. 5 jours sous la pluie. Jeans, K-way et sweat-shirt ressortis des abimes de nos sacs. Il etait temps que cela cesse! Apres 1500km, nous avons enfin rejoint des latitudes plus conformes a nos desirs climatiques. Nous voilà en Orissa, 500km au sud de Calcutta. On a debarque, hier, dans un petit village nomme Konark. Ici, un temple au doux nom, le Sun Temple, et une jolie plage. Sable et soleil, menu necessaire pour nous requinquer.
Vijayawada fut une etape sur notre route vers le nord. Pour tout dire, ce n'est pas vraiment une destination touristique. On etait pratiquement les seuls blancs a la ronde. Les chauffeurs de rickshaw ne semblaient pas gonfler leur prix (au contraire des barbiers, le monde a l'envers). On a donc combler le temps en attendant notre train de nuit. Le programme: petit tour en bus pour se rendre a un temple troglodyte du XIIeme et puis... rien! Il fallait qu'on soit a la gare a 16h pour avoir confirmation de nos reservations ferroviaires. Ca devient une habitude. On etait le week-end et quand nous sommes alles reserver nos billets, le train etait plein! On etait 35eme sur la liste d'attente. Une des particularites des chemins de fer indiens est qu'ils gardent des quotas pour les etrangers mais egalement des quotas d'urgence. Ne pouvant difficilement s'imaginer rester 2 voir 3 jours a Vijayawada, on a donc fait jouer les quotas d'urgences (c'est une grosse urgence de faire sortir 2 etrangers bloques dans une ville globalement peu interessante et pluvieuse, non?). La confirmation, positive, de 16h nous a vraiment soulage. A partir de la, on s'est mis a attendre le train cense arriver a 21h40. Seule activite au milieu de tout ca, un passage chez le barbier, qui m'a franchement arnaque sur un massage du visage. Lecon: meme dans une ville ou tout le monde semble honnete, toujours continuer a demander les prix des prestations AVANT leurs executions!!! A 22h, notre train arrive. Probleme: nos places sont occupees par une famille, dont le billet comporte les memes numeros que les notres! L'hospitalite indienne ne se dement pas. Au moins 3 personnes se sont mises a nous aider pour trouver le controleur ou la liste (affichee a chaque gare) des places dans le train. On a vite trouver une solution. Le voyage, c'est tres bien passe. Au reveil, 1ere tres bonne nouvelle, il fait soleil! :-) Nos voisins etaient charmants et on a passe la matinee a discuter de l'Inde, de la France et de leurs differences.
On est arrive a Konark vers 14h, toujours sous le soleil. Bourgeoisement, on s'est installe dans le plus bel hotel du village, jardin et room service disponible, budget explose, 450roupies la nuit ;-) Aujourd'hui, on est alle a la plage. Elle est vraiment plus propre qu'a Goa. Un vrai plaisir de se re-baigner meme si la prudence s'impose car la baignade n'est pas recommandee. Les vagues sont imposantes et les lames de fond tres puissantes. D'ailleurs aucun indien ne se baignait pas. Il faut dire que la plupart ne savent pas nager. Le clou de l'apres-midi fut le retour des pecheurs vers 15h. Deja, avant, la mer ressemblait a une regate avec ces dizaines de bateaux,toutes voiles dehors. Ensuite, c'est l'attroupement sur la plage. Les hoteliers et les villageois se pressent pour remporter les encheres des plus beaux lots de la journee. Thons, espadons, requins et autres sont vendus a la criee. Le chef des pecheurs annonce des prix decroissants et le premier qui acquiesce enleve l'enchere. Pittoresque!
On pense rester ici jusqu'au 5. Le 4, un festival de danse et musique traditionnel commence. Le village est deja en effervescence. Ils repeignent les rues, montent des portiques. Tous les hotels seront complets. D'ailleurs notre hotel nous met dehors le 5, faute de place. On va, donc, s'offrir la soiree d'ouverture avant de reprendre la route!
A+